Les Envolées
Déambulation poétique, festive et participative de marionnettes géantes

On raconte qu'il existe encore quelques grands gardiens de la nature. Des êtres bienveillants qui parcourent les chemins, les forêts et les villages pour veiller sur les arbres, les rivières et les oiseaux. Personne ne sait vraiment où ils vivent.
Tournepierre est l'un d'eux.
Nul ne sait réellement son âge. Certains disent qu'il est aussi vieux que les premiers arbres. D'autres racontent qu'il naît chaque fois qu'un Homme oublie d'écouter la nature qui l'entoure.
À chacun de ses voyages, il avance paisiblement, saluant les arbres, les pierres, les fleurs et le vent. Les oiseaux viennent se poser sur ses épaules comme de vieux compagnons retrouvés. .
Accompagné de ses esprits gardiens, Tournepierre invite petits et grands à quitter le quotidien pour rejoindre une grande parade musicale, joyeuse et poétique. Un moment touchant de partage, de musique et d'émerveillement à vivre ensemble.
Les Envolées sont une déambulation participative où la musique, la marionnette et la poésie se rencontrent pour transformer les rues en un véritable terrain de fête. Une invitation à marcher ensemble, à retrouver notre lien avec la nature… et à célébrer le vivant, le temps d'un instant.
Les Envolées est un spectacle de rue mêlant marionnette géante, participation du public et poésie visuelle.
Il met en scène Tournepierre, un géant silencieux et bienveillant, porteur d’oiseaux et messager de la nature. Accompagné de trois esprits de la forêt (musiciens), il invite les spectateurs à tendre l’oreille pour entendre la nature et les oiseaux.
Un moment sensible et participatif, pour réveiller l’écoute du monde naturel et célébrer la beauté de l’envol.
Tournepierre
Il ne parle pas, mais tout en lui raconte quelque chose : Tournepierre, géant bossu, marcheur lent, portant sur son dos des cabanes à oiseaux et dans les yeux le silence des forêts oubliées. Il est notre point de départ, notre fil poétique.
Si Tournepierre existait vraiment, il se dirait ornithologue amateur, observateur émerveillé du vivant, gardien discret des espèces menacées. Nous, nous le faisons naître pour faire entendre ce que nous n’écoutons plus : la voix fragile de la nature.
Avec Les Envolées, nous avons souhaité créer une forme poétique, participative et itinérante, à la fois accessible et symbolique. Une déambulation dans l’espace public, où les spectateurs ne sont pas simples observateurs, mais porteurs de vie : chacun est invité à prendre en main une marionnette-oiseau et à rejoindre le cortège. Ensemble, ils deviennent la nuée, un vol collectif mené par Tournepierre.
La marionnette géante, par sa présence énigmatique et hors norme, capte les regards, ralentit le temps, invite à l’étonnement. Tournepierre n’a pas besoin de mots : sa marche est un geste politique et poétique, un acte de présence lente dans un monde trop pressé. Il ne harangue pas, il n’explique pas, il invite à ressentir. Une scène courte, comme un haïku visuel.
Avec Les Envolées, nous cherchons à créer un rituel doux, un moment de cohésion éphémère, entre art de la rue, marionnette contemporaine, imaginaire collectif et éveil écologique.
Une invitation à marcher autrement, à regarder plus haut, à écouter plus finement.
Un cri silencieux :
Les oiseaux disparaissent. Lentement, mais sûrement.
Depuis quarante ans, les campagnes françaises ont perdu plus d’un tiers de leurs oiseaux communs. Les villes ne sont pas épargnées : la mésange, le rouge-gorge, le martinet trouvent de moins en moins refuge dans nos murs bétonnés. L'alouette n’enchante plus les labours, et le moineau se fait rare sous nos toits. La biodiversité s’efface à petits pas, souvent dans l’indifférence générale.
Ce phénomène n’est pas anodin. Les oiseaux sont les sentinelles du vivant. Ils racontent la santé de nos écosystèmes, la richesse de nos paysages, la vitalité de nos liens au monde naturel. Leur disparition est un signal d’alerte — un cri discret que nous avons cessé d'entendre, recouverts par le bruit du monde moderne.
Les Envolées veut remettre ce cri au centre. Pas pour accuser, mais pour réveiller l’attention, rallumer l’émerveillement, redonner de l’importance à ce qui paraît petit, fragile, lointain.
En plaçant un oiseau dans les mains du public, en donnant un visage à ceux qui n’en ont plus dans nos quotidiens, nous espérons faire naître le désir de protéger, de veiller, de transmettre.
Pour se faire, nous faisons appel à notre format de prédilection : la marionnette taille humaine.
Ce choix n’est pas anodin. La marionnette, telle que nous la pratiquons, intrigue, surprend, fait rire, bouleverse. Elle attire l’attention tout en créant une distance affective douce, qui libère la parole, ouvre l’imaginaire, et permet un lien plus libre, plus ludique, plus sensible avec les spectateurs.
Loin des clichés figés, la marionnette contemporaine s’est émancipée depuis plus de vingt ans pour devenir un médium vivant, ancré dans le réel, à la croisée de l’art, de la poésie et du quotidien. Elle s’invite dans la rue, dans les écoles, les médiathèques, les centres sociaux, en complicité avec les habitants. Elle se doit d’entrer dans la vie des gens avec bienveillance, parfois jusqu’à se faire oublier comme marionnette pour devenir un alter ego, un confident, un relais.
C’est dans cette dynamique profondément humaine et intergénérationnelle, que Tournepierre et ses envolées souhaite aller à la rencontre de toutes et tous, pour semer du lien, de l’émotion, et peut-être, une part de mémoire partagée.


La marionnette Tournepierre
Une marionnette-lanterne géante, entre matière vivante et poésie du corps. Tournepierre prendra vie sous la forme d’une marionnette géante de 4 mètres de haut, mêlant artisanat végétal et technologies douces. Son corps est composé de bambou et d’osier, matériaux légers et organiques qui évoquent la nature qu’il incarne. Son visage expressif, sculpté en worbla (thermoplastique modulable), sera articulé pour lui donner toute la tendresse et l’intériorité silencieuse que son personnage exige. À la tombée du jour, Tournepierre peut aussi devenir marionnette-lanterne : son corps s’illumine de l’intérieur grâce à un jeu de lampes douces intégrées, révélant la structure, les textures et les oiseaux nichés dans ses replis. Il devient alors un phare vivant, un veilleur de la nuit, marchant lentement au coeur de la foule, dans une atmosphère presque onirique. La manipulation est elle aussi pensée comme une chorégraphie vivante :
Un marionnettiste à l’intérieur de la structure soutient et guide le corps tout en animant la tête,
Deux autres marionnettistes accompagnent le mouvement des bras, permettant des gestes amples, enveloppants, expressifs.
Cette triple manipulation renforce la présence quasi humaine du personnage tout en conservant sa dimension mythique et fragile. Tournepierre ne parle pas : tout passe par le mouvement, le regard, la lumière, la lenteur, comme un hommage au langage non-verbal de la nature elle-même.





























